PISA 2025 : recul net en lecture et en mathématiques, prudence sur les causes
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PISA 2025 : recul net en lecture et en mathématiques, prudence sur les causes

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La publication, en septembre 2026, des résultats de PISA 2025 remet au premier plan le recul des compétences scolaires. Les données disponibles dessinent une tendance préoccupante, particulièrement en lecture et en mathématiques. Elles ne suffisent toutefois pas à attribuer cette évolution à l’intelligence artificielle, au temps d’écran, à une réforme nationale ou à une catégorie d’acteurs.

Cette distinction est essentielle : PISA mesure des performances à un moment donné et permet des comparaisons entre cycles et systèmes éducatifs. Le rapport ne constitue pas, à lui seul, une démonstration des mécanismes ayant produit les écarts observés.

Un cycle centré sur les sciences

PISA 2025 est le neuvième cycle du Programme international pour le suivi des acquis des élèves, coordonné par l’OCDE auprès des jeunes de 15 ans. Plus de 760 000 élèves ont participé à l’évaluation dans 91 pays et économies. Selon les synthèses disponibles, cet échantillon représente environ 33 millions de jeunes.

Les sciences constituent le domaine majeur de ce cycle. La lecture et les mathématiques restent évaluées, mais comme domaines mineurs. Cette organisation doit être gardée à l’esprit lorsque vous comparez la quantité et la précision des analyses proposées dans chacun des trois domaines.

Les résultats ont été publiés dans le rapport intitulé « PISA 2025 Results (Volume I): Future-Ready Students », ainsi que dans des rapports nationaux. Il s’agit d’une production institutionnelle de l’OCDE, non d’une évaluation indépendante des politiques éducatives de chaque pays. Les interprétations causales proposées dans le débat public doivent donc être examinées séparément des scores eux-mêmes.

Une baisse particulièrement forte en lecture

Les synthèses reprenant les résultats de l’OCDE situent la moyenne des pays membres à 461 points en lecture, 463 en mathématiques et 482 en sciences. Ces valeurs exactes devront néanmoins être confrontées aux tableaux officiels complets, notamment pour connaître les erreurs standard et les intervalles de confiance.

La tendance sur dix ans est plus robuste que la seule photographie de 2025. En lecture, la moyenne OCDE serait passée de 489 points en 2015 à 461 en 2025, soit une baisse de 28 points. Le recul depuis 2022 est estimé à environ 14 ou 15 points selon les synthèses.

En mathématiques, la moyenne serait passée d’environ 485 points en 2015 à 463 en 2025, soit une diminution proche de 22 points. La baisse entre 2022 et 2025 serait d’environ 9 points.

Les sciences résistent davantage : la moyenne passerait d’environ 489 points en 2015 à 482 en 2025. Le recul sur dix ans serait donc proche de 7 points. Entre 2022 et 2025, il serait limité à environ 3 points et certaines synthèses le décrivent comme non significatif. Sans les intervalles de confiance, cette dernière qualification ne peut pas être vérifiée précisément.

La hiérarchie des évolutions est néanmoins claire dans les données disponibles : la lecture recule le plus, devant les mathématiques, tandis que la variation est nettement plus faible en sciences.

Les « années d’apprentissage », une traduction à manier avec précaution

L’OCDE traduit la baisse de 28 points en lecture par environ un an et demi d’apprentissage perdu entre 2015 et 2025. En mathématiques, les 22 points de recul correspondraient à un peu plus d’une année.

Cette conversion rend les écarts plus compréhensibles qu’un score abstrait. Elle ne doit cependant pas être prise comme une mesure directe du temps scolaire effectivement perdu. Elle repose sur des hypothèses de progression linéaire qui ne sont pas pleinement détaillées dans les extraits disponibles. Elle constitue donc un ordre de grandeur interprétatif, non une équivalence mécanique valable pour chaque élève ou chaque système éducatif.

Certaines synthèses avancent également que près de 29 % des élèves de 15 ans des pays de l’OCDE se situeraient sous le niveau de compétence de base dans les trois domaines, contre environ 16 % en 2022. L’ampleur de cette hausse serait majeure, mais l’estimation varie selon les sources secondaires. Elle ne devrait pas être utilisée sans vérification préalable dans les tableaux officiels.

Des systèmes très performants, sans recette unique démontrée

Les juridictions chinoises de Beijing, Shanghai, Jiangsu et Zhejiang, ainsi que Singapour, figurent parmi les systèmes les plus performants en sciences, en mathématiques et en lecture. L’Estonie, le Japon, la Corée, Macao, Taïwan — désigné par l’OCDE comme Chinese Taipei — et le Royaume-Uni sont également cités parmi les dix premiers systèmes.

Ce constat permet d’identifier des performances élevées, mais pas d’isoler automatiquement leur cause. La présence d’un système en tête d’un classement ne démontre pas qu’une politique particulière serait responsable de son résultat ni qu’elle pourrait être transférée telle quelle ailleurs. Pour établir un tel lien, il faudrait des analyses complémentaires tenant compte du contexte, de la composition des populations évaluées et de l’évolution propre à chaque système.

Le classement ne doit pas non plus faire oublier l’incertitude statistique. Un faible écart de points n’établit pas nécessairement une différence réelle entre deux pays. Les rangs précis ne peuvent être interprétés sérieusement sans les erreurs standard et les intervalles de confiance associés.

En France, un recul à confirmer dans les annexes officielles

Les sources secondaires reprenant les tableaux de l’OCDE attribuent à la France environ 456 points en lecture, 458 en mathématiques et 483 en sciences. À titre indicatif, ces valeurs placeraient le pays près des moyennes de l’OCDE : environ cinq points sous la moyenne en lecture et en mathématiques, et un point au-dessus en sciences.

Plusieurs synthèses présentent les résultats français de 2025 comme les plus faibles enregistrés depuis 2000 en lecture et en mathématiques. Cette formulation ne peut toutefois être retenue sans réserve tant que la série complète et ses intervalles de confiance n’ont pas été directement vérifiés dans les annexes de l’OCDE.

Le signal le plus marquant concerne les mathématiques. La France aurait perdu environ 16 points entre 2022 et 2025, contre quelque 9 points pour la moyenne de l’OCDE. Si ces valeurs sont confirmées, le recul français serait donc sensiblement plus prononcé que le mouvement moyen observé dans les pays membres.

Les chiffres ne permettent cependant pas d’imputer cette baisse aux enseignants, à une réforme particulière, aux écrans ou à l’intelligence artificielle. Le dossier disponible ne fournit aucun résultat établissant l’un de ces liens. Transformer une concomitance en explication reviendrait à dépasser ce que l’évaluation permet de conclure.

Ce que vous pouvez raisonnablement retenir

Trois enseignements résistent à une lecture prudente.

Le recul de la lecture s’inscrit dans la durée. Il ne se limite pas à la variation entre 2022 et 2025 : les synthèses font état d’une baisse de 28 points depuis 2015. Toute explication fondée uniquement sur un phénomène très récent serait donc insuffisante pour rendre compte de l’ensemble de la tendance.

Les trois domaines n’évoluent pas de la même manière. Lecture et mathématiques enregistrent des baisses importantes sur dix ans, tandis que les sciences apparaissent plus stables. Parler d’un effondrement uniforme de toutes les compétences simplifierait excessivement les résultats.

Les chiffres disponibles appellent encore une vérification statistique. Les moyennes et comparaisons actuellement relayées proviennent en partie de médias, de communiqués et de plateformes de données citant l’OCDE. Avant de commenter un écart limité ou un rang précis, il faut consulter les tableaux officiels et leurs intervalles de confiance.

PISA 2025 fournit ainsi un signal solide sur l’érosion des performances, surtout en lecture et en mathématiques. Il ouvre un travail d’analyse ; il ne désigne pas, à lui seul, les responsables ni les remèdes.

Sources citées

Corpus de veille

Fils consultés pour choisir l'angle. Ils documentent la matière première, pas des citations du texte.

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